Je souhaite citer Hannah Ben Dov, peintre, à qui je dois ma naissance en peinture.

Parler de sa peinture, est pour un peintre chose fort embarrassante, car il ne croit qu'a moitié à la réalité de la parole.

Aurait-il opté et consacré autrement toute une vie à une expression muette ?

Dire son travail acharné, tantôt exalté, n'explique ni la démarche intérieure ni l'oeuvre achevée.

Dans cet indicible, il connait pourtant lui-même l'évidence d'un état d'être où le monde extérieur et son monde intérieur se croisent pour n'en faire qu'un.

Cette unité, correspondant à une profonde liberté cachée en lui, se traduit par un trait, une couleur, un signe.

Ces traces d'une liberté toujours renouvelée, valent-elles le don de toute une existence ?
Pour l'artiste, cette question ne se pose même pas.

Hanna Ben Dov